L'attitude aidante adaptée au deuil.
Les sujets qui ont vécu ces types de traumatisme ont besoin d'être rassurés quant à la normalité des terreurs nocturnes itératives. Parfois ils expriment l'impression qu'ils sont "en train de devenir fou" ne sachant pas si ses terreurs vont s'interrompre un jour ni, à force de les retrouver régulièrement, s'il s'agit de rêves ou d'une modification de leur réalité. De même, le déconditionnement nécessaire pour ne plus avoir peur des situations rappelant les circonstances du traumatisme est fort complexe à réaliser quand ce même traumatisme a causé une baisse ou une perte de vision. Le sujet en effet, n'est plus en mesure d'utiliser sa vision pour vérifier l'absence de dangerosité d'une situation. Il est souvent utile de combiner une prise en charge psychologique et un travail de réapprivoisement de la situation jugée dangereuse. Cela en aidant le sujet à se déplacer et percevoir son environnement malgré la baisse ou l'absence de vision, mais aussi en lui permettant de retrouver l'habitude de côtoyer cette situation en vérifiant de la façon la plus concrète possible son absence de danger objectif.
Il est possible d'aider les sujets qui ont à vivre une baisse ou une perte de leur vision, à condition de moduler notre attitude en fonction de l'évolution des mécanismes psychologiques d'adaptation que sont le travail de deuil et les réactions traumatiques. Il faut pour cela être capable de parler vrai, de réintroduire du temps dans les situations d'urgence et de donner le droit à l'expression de la souffrance. Il est des manques que l'on ne comble pas et des objets à jamais perdus. La déficience visuelle, qu'elle soit initiale ou secondaire, brutale ou évolutive, fait partie de ces manques ou pertes inacceptables. Le travail de deuil n'efface rien, ne comble pas et n'atténue qu'un peu la souffrance devant la perte. Il est cependant indispensable pour que le sujet comprenne ce qu'il vient de perdre et l'intègre de façon dynamique à une image de soi en modification, afin de rebondir et vivre sans se réduire à ce qu'il vient de perdre. "L'essence de l'être est le désir" disait Spinoza dans son Ethique. L'intégration du manque ou de la perte de vision à l'image de soi doit permettre l'émergence de ces désirs nouveaux, nombreux, et témoins, malgré le manque, d'une nouvelle "expansion de l'être", pour conserver la terminologie du philosophe.
Il est possible d'aider les sujets qui ont à vivre une baisse ou une perte de leur vision, à condition de moduler notre attitude en fonction de l'évolution des mécanismes psychologiques d'adaptation que sont le travail de deuil et les réactions traumatiques. Il faut pour cela être capable de parler vrai, de réintroduire du temps dans les situations d'urgence et de donner le droit à l'expression de la souffrance. Il est des manques que l'on ne comble pas et des objets à jamais perdus. La déficience visuelle, qu'elle soit initiale ou secondaire, brutale ou évolutive, fait partie de ces manques ou pertes inacceptables. Le travail de deuil n'efface rien, ne comble pas et n'atténue qu'un peu la souffrance devant la perte. Il est cependant indispensable pour que le sujet comprenne ce qu'il vient de perdre et l'intègre de façon dynamique à une image de soi en modification, afin de rebondir et vivre sans se réduire à ce qu'il vient de perdre. "L'essence de l'être est le désir" disait Spinoza dans son Ethique. L'intégration du manque ou de la perte de vision à l'image de soi doit permettre l'émergence de ces désirs nouveaux, nombreux, et témoins, malgré le manque, d'une nouvelle "expansion de l'être", pour conserver la terminologie du philosophe.
Source : GRIFFON, P. Intégrer le manque ou la perte de vision à l'image de soi. (Extraits et ajouts) Communication aux Journées de l'Association des Psychologues de Langue Française spécialisés pour Handicapés de la Vue, Bordeaux en mars 2000.
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