Les réactions post-traumatiques du deuil.
Lors de la survenue brutale du handicap (accident le plus souvent), peut se produire un traumatisme psychique. L'angoisse qui est habituellement un moyen de s'adapter par anticipation à un événement désadaptant ou difficile (situation d'examen par exemple), survient dans ce cas de façon massive au moment, ou juste après le traumatisme. Au lieu d'adapter, elle submerge le sujet et provoque dans un premier temps une attitude d'effroi puis, par la suite, l'apparition de symptômes transitoires qui vont permettre au sujet de se décharger progressivement de ce surcroît d'affects anxieux, de les abréagir. - Le premier d'entre eux est constitué par les terreurs nocturnes que va présenter le sujet . Souvent séparés du moment traumatique par une période de latence. Ces rêves stéréotypés permettent à la personne de revivre le traumatisme et d'évacuer l'angoisse en lui redonnant son rôle anticipateur. Plus le moment du traumatisme se rapproche et plus le sujet a peur, jusqu'au choc ou au fait traumatique lui-même, qui provoque le réveil. - La deuxième famille de symptômes permettant au déficient visuel de se défendre de l'angoisse générée par le traumatisme est celle des réactions phobiques. Les situations et le contexte du traumatisme deviennent le lieu vers lequel le sujet va déplacer et focaliser son angoisse. Dans les cas d'accidents de la voie publique, il apparaît une angoisse massive et irraisonnée (une réaction phobique) en entendant un bruit de freinage de voiture, de moteur ou de passage de camion, par exemple. Mais, et ce point est essentiel, la personne n'aura plus peur que dans ces situations précises. L'angoisse, jusqu'alors flottante, omniprésente, se voit collée à des éléments ou à des objets bien définis, qu'il est donc possible d'éviter.
Là encore nous avons tous vécu, même pour des raisons bien moins graves, ce type de "peur après coup" normale et utile pour réduire l'aspect angoissant de la situation déclenchante imprévue.
Courant lors de traumatismes matériellement objectivables (chocs, accidents), ce même mécanisme peut avoir lieu lors de baisse visuelle progressive. En effet, on sait que la conscience et les conséquences fonctionnelles ne sont pas proportionnelles à la nature de la baisse visuelle. La conscience ne suit donc pas linéairement la baisse. Elle survient généralement par bloc (prise de conscience). On ne penche pas progressivement vers le handicap, on a conscience de l'être à un moment donné (dans le langage courant on dit : "tomber malade" et non pas le devenir petit à petit). De ce fait, des réactions traumatiques sont possibles quand le sujet relie cette prise de conscience à une situation donnée (de rue : bousculade, presse ; de traitement médical ; d'environnement : éblouissement...) Cette situation est perçue comme étant la cause du handicap, cause extérieure au sujet. En effet, le support psychologique d'un traumatisme psychique peut être réel ou imaginaire, c'est-à-dire qu'il peut concerner le corps du sujet ou son image de soi. La différence à noter est que, dans les cas de traumatismes objectifs graves (traumatisme crânien, accident, agression...), les réactions traumatiques sont toujours présentes, alors que dans les cas où la déficience visuelle est liée ou associée de manière plus lâche à un fait matériel traumatique, ces réactions ne sont que probables. Elles peuvent ainsi se développer chez un malvoyant, lors d'un décollement de rétine brutal et parfois même, dans des cas de pathologies ophtalmiques à évolutions lentes, pour lesquelles d'un coup, le sujet prend conscience se son état. Il associe cette conscience à un événement ou au contexte dans lequel elle a eu lieu. La prise de conscience brutale qui n'était qu'associée au contexte, devient causée par lui. Etre bousculé, ébloui ou renversé, a provoqué chez le sujet la prise de conscience de ses troubles visuels. Cette prise de conscience, trop pénible pour être intégrée d'emblée, est alors immédiatement et inconsciemment renvoyée vers l'extérieur. La bousculade, l'éblouissement ou la chute, deviennent la cause et non plus le révélateur de la déficience visuelle nouvellement reconnue.
Là encore nous avons tous vécu, même pour des raisons bien moins graves, ce type de "peur après coup" normale et utile pour réduire l'aspect angoissant de la situation déclenchante imprévue.
Courant lors de traumatismes matériellement objectivables (chocs, accidents), ce même mécanisme peut avoir lieu lors de baisse visuelle progressive. En effet, on sait que la conscience et les conséquences fonctionnelles ne sont pas proportionnelles à la nature de la baisse visuelle. La conscience ne suit donc pas linéairement la baisse. Elle survient généralement par bloc (prise de conscience). On ne penche pas progressivement vers le handicap, on a conscience de l'être à un moment donné (dans le langage courant on dit : "tomber malade" et non pas le devenir petit à petit). De ce fait, des réactions traumatiques sont possibles quand le sujet relie cette prise de conscience à une situation donnée (de rue : bousculade, presse ; de traitement médical ; d'environnement : éblouissement...) Cette situation est perçue comme étant la cause du handicap, cause extérieure au sujet. En effet, le support psychologique d'un traumatisme psychique peut être réel ou imaginaire, c'est-à-dire qu'il peut concerner le corps du sujet ou son image de soi. La différence à noter est que, dans les cas de traumatismes objectifs graves (traumatisme crânien, accident, agression...), les réactions traumatiques sont toujours présentes, alors que dans les cas où la déficience visuelle est liée ou associée de manière plus lâche à un fait matériel traumatique, ces réactions ne sont que probables. Elles peuvent ainsi se développer chez un malvoyant, lors d'un décollement de rétine brutal et parfois même, dans des cas de pathologies ophtalmiques à évolutions lentes, pour lesquelles d'un coup, le sujet prend conscience se son état. Il associe cette conscience à un événement ou au contexte dans lequel elle a eu lieu. La prise de conscience brutale qui n'était qu'associée au contexte, devient causée par lui. Etre bousculé, ébloui ou renversé, a provoqué chez le sujet la prise de conscience de ses troubles visuels. Cette prise de conscience, trop pénible pour être intégrée d'emblée, est alors immédiatement et inconsciemment renvoyée vers l'extérieur. La bousculade, l'éblouissement ou la chute, deviennent la cause et non plus le révélateur de la déficience visuelle nouvellement reconnue.
Source : GRIFFON, P. Intégrer le manque ou la perte de vision à l'image de soi. (Extraits et ajouts) Communication aux Journées de l'Association des Psychologues de Langue Française spécialisés pour Handicapés de la Vue, Bordeaux en mars 2000
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