Nous sommes tous des moutons.
Je m’appelle Bel et je représente la majorité des moutons. Frisés, javellisés, robotisés. Je suis identique aux autres: je pense, parle, agis comme les autres. Je fais partie du troupeau et suis les autres moutons sans poser de questions. Je suis convaincu d’avoir raison car “tout le monde le fait”. J’impose ma vérité et exige que les autres y adhèrent. Je suis suffisant et intolérant.Moi, Bel, je suis normal. Je suis conforme aux normes établies. Je fonctionne bien. Je respecte les standards du bon mouton. Je suis bien-pensant, je fais partie des honnêtes gens. Je suis la mode, lis les journaux, regarde la télé, je vais chez le médecin, travaille pour assurer ma sécurité et celle de ma famille. J’obéis aux lois, paye mes taxes, défends ma patrie. Et j’impose aux autres d’en faire autant. Je suis politiquement, religieusement, familialement, spirituellement.... moutonnement correct!
Moi, Bel, je suis mort-vivant. Un véritable zombie. Métro-boulot-dodo, voilà le résumé de ma vie. Ma conscience, de qui je suis, est morte. Comme les fleurs séchées, je suis là. Je suis disjoncté de mon âme. Je suis branché sur le pilote automatique. Robot synthétique et artificiel, pure création de la société, je me prends au jeu que je joue, sans même m’en rendre compte. Je porte l’habit d’un personnage et finis par devenir le personnage. Je joue mon rôle inlassablement, sans me poser de questions. Dieu, les altérités ou le temps... arrangeront les choses. Je suis un inconscient tranquille.
Moi, Bel, je baigne dans l’inaction. Pas de vagues, pas de troubles, pas d’ennuis. Surtout faire comme les autres pour ne pas me faire remarquer. Je suis mort de peur. J’achète la paix à tout prix. Je ne cours aucun risque. J’observe l’omerta, la loi du silence. Je suis une tombe; je garde le secret: secret de famille, secret professionnel, société secrète, service secret, document secret, honte secrète... J’ai horreur du changement. Tout n’est pas parfait, certes, mais ce pourrait être pire. Tant que j’ai un toit et que je mange trois repas par jour, je peux m’estimer chanceux.... surtout si je me compare avec les gens du tiers-monde. Je m’accroche au statu quo, je maintiens la stabilité. Je n’interviens pas car je nourris l’espoir que “le temps arrange les choses”. Je fais partie de la majorité silencieuse.
Moi, Bel, j’ai foi dans les altérités extérieures. Je leur fais confiance. Elles sont bonnes pour moi. Elles veillent à mon bien et me protègent. Tout le monde n’est pas égal, il y a des êtres supérieurs et je me réjouis d’être gouverné par eux. Sinon, ce serait le chaos, le désordre... l’anarchie. J’ai très peur que pareille situation ne se produise. “L’homme est un loup pour l’homme” et on a absolument besoin de bergers pour nous protéger les uns des autres. Je trouve normal qu’il y ait une hiérarchie: avec des bergers et des moutons; des dominants et des dominés, des riches et des pauvres; des puissants et des faibles. “On a toujours besoin d’un plus petit... et d’un plus grand que soi.” Voilà mon credo.
Moi, Bel, je suis soumis. Je reconnais des altérités extérieures à moi et me place sous leur gouverne. Je
crois aussi au bien-fondé du chien-berger-policier pour maintenir l’ordre établi par le berger dans le troupeau et assurer sa sécurité. J’obéis aveuglément aux ordres reçus et donne aux altérités le fruit de mon labeur. Je suis un esclave avec une couronne sur la tête: je m’appelle démocratie!
Moi, Bel, je reçois des carottes pour récompenser mon obéissance et m’inciter à continuer à servir le berger. Ce sont des avantages sur les autres moutons. Je suis promu à un échelon plus élevé dans la hiérarchie sociale. J’avance d’un pas dans les rangs des privilégiés. Je
monte en grade dans l’échelle du succès. J’espère bien, un jour, devenir moi-même berger. Les altérités s’assurent de mon obéissance et de ma fidélité en nourrissant mon rêve. Elles me font courir après trois carottes: pouvoir, argent, prestige.
crois aussi au bien-fondé du chien-berger-policier pour maintenir l’ordre établi par le berger dans le troupeau et assurer sa sécurité. J’obéis aveuglément aux ordres reçus et donne aux altérités le fruit de mon labeur. Je suis un esclave avec une couronne sur la tête: je m’appelle démocratie!Moi, Bel, je reçois des carottes pour récompenser mon obéissance et m’inciter à continuer à servir le berger. Ce sont des avantages sur les autres moutons. Je suis promu à un échelon plus élevé dans la hiérarchie sociale. J’avance d’un pas dans les rangs des privilégiés. Je
monte en grade dans l’échelle du succès. J’espère bien, un jour, devenir moi-même berger. Les altérités s’assurent de mon obéissance et de ma fidélité en nourrissant mon rêve. Elles me font courir après trois carottes: pouvoir, argent, prestige.
“Que diable suis-je venue faire sur cette terre ?”
http://www.consciencedupeuple.com/
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