LES FORCES SPIRITUELLES DES ARBRES.
De plus en plus d'hommes et de femmes en quête d'harmonie se tournent vers les gardiens de la Nature : les arbres. Refuge de nombreux êtres spirituels, ils sont indispensables au chercheur de Lumière et apportent force et guérison à tous ceux qui s'approchent d'eux le coeur ouvert. Beaucoup a déjà été écrit sur les arbres. Depuis des siècles, les arbres excitent l'imagination, libèrent des émotions et sont une source d'inspiration. L'arbre a toujours été un objet de vénération, d'adoration et de respect. Dans des religions et des cultures depuis longtemps oubliées, l'arbre pouvait être un génie tutélaire et dans certains cas, Il était même vénéré comme un dieu ou une déesse. Un bon exemple est le frêne Yggdrasil de la mythologie nordique, dont il était l'arbre le plus sacré. Les druides celtes vénéraient eux aussi les arbres. Le sixième jour après la pleine lune, ils montaient dans les chênes et y coupaient à l'aide d'une serpe d'or le gui légendaire auquel ils attribuaient des forces protectrices (en réalité, le gui est un parasite qui pousse sur de nombreux arbres, rarement sur le chêne). Mais l'arbre le plus connu est celui du jardin d'Eden, décrit dans la Bible (paradis et chute) : «Et Dieu planta un jardin en Eden, à l'Orient, et il y mit l'homme qu'il avait modelé. Dieu fit pousser du sol toutes espèces d'arbres séduisants à voir et bons à manger, et l'arbre de vie au milieu du jardin, et l'arbre de la connaissance du bien et du mal.»
Des forces infinies étaient attribuées aux arbres, non seulement spirituelles mais aussi thérapeutiques. Depuis des temps immémoriaux, certains arbres, ou plus exactement certaines de leurs parties, telles que les feuilles, les bourgeons et les fruits, servent de nourriture aux hommes et aux bêtes. Ces derniers siècles, les arbres ont servi surtout à fournir un matériau relativement facile à transformer, par exemple pour la construction de navires et de maisons, la fabrication de meubles, etc. C'est en outre un combustible bon marché et presque toujours disponible. Aujourd'hui, à une époque où les arbres sont beaucoup moins nombreux et où la conscience de l'environnement croît fort heureusement, on reconnaît de plus en plus l'influence des arbres sur la vie spirituelle.
Mon intention n'est pas d'en revenir aux visions du passé et de sacraliser les arbres. L'arbre est, tout comme l'être humain, un organisme vivant mais il a, au sens propre comme au sens figuré, un contact plus direct avec les forces de la mère Terre, avec la force de vie universelle qui circule dans tout être vivant : homme, plante ou animal. Mon intention est de renforcer, à l'aide de la «force des arbres», cette force vitale qui, souvent, ne circule pas bien chez l'être humain ou est même bloquée, et de favoriser une circulation libre de toutes les énergies. C'est pourquoi je cherche à apporter une vision à la fois simple et complète de la manière dont on peut utiliser les forces et les propriétés des arbres, afin de trouver le meilleur équilibre possible entre le corps, l'âme et l'esprit.
Dans ce domaine, il n'y a pas de règles. Il se peut donc tout à fait que mon vécu avec le saule ne corresponde en rien au vôtre.
Vous devez vous sentir libre de réagir avec vos propres. Car la force de vie universelle est justement universelle du fait qu'elle est différente pour chacun et néanmoins la même pour tout le monde. Personne ne le sait mieux que les arbres, et ils nous transmettent volontiers leur savoir et leur expérience. Soyez ouvert, faites des expériences et prenez-y plaisir. Soyez sans crainte. Promenez-vous dans la forêt ou dans un parc pour trouver un arbre qui vous plaise. Puis parlez à ce nouveau camarade : vous serez étonné à quel point une conversation avec un arbre peut avoir un effet purificateur et apaisant. En raison de son âge souvent très important, un arbre possède déjà tout un trésor d'expériences et a déjà vécu de très nombreux changements. Combien de fois ne dit-on pas : «Ah, si les arbres pouvaient parler !» Certes, les arbres ne peuvent pas parler, de même que nous ne pouvons pas voler sans instruments artificiels. Mais les arbres peuvent communiquer. Ils n'ont besoin pour cela que de compréhension, d'ouverture et de disponibilité. De même, ils sont tout à fait capables d'écouter. Les arbres sont beaux, sources d'inspiration, consolateurs, et peuvent, de multiples manières, influer sur les émotions des hommes et des bêtes. Ils sont donc un élément indispensable de notre conscience, de notre expérience et de notre société. Mais même s'il peut parfois en sembler autrement, un arbre reste un arbre. Nous pouvons communiquer avec lui mais non pas parler avec lui. En revanche, nous pouvons lui dire des choses, «sentir» et vivre en nous ce qu'il
nous «donne en retour». Veillez à voir encore la forêt malgré ses arbres et à ne pas vous laisser dominer par la «sensation de l'arbre».
Chaque arbre a un caractère propre, et en fonction de celui-ci, on peut lui faire correspondre diverses caractéristiques astrologiques, runiques, mythologiques, psychologiques ainsi que des pratiques rituelles, des éléments de la nature et beaucoup d'autres aspects. D'un simple point de vue scientifique, les arbres sont des organismes vivants mais si l'on tient compte de leurs propriétés et de leur rayonnement, on peut même parler d'êtres vivants. Un être vivant possède un corps et une âme, ce qui nous permet de communiquer, quoique d'une manière peu habituelle pour nous. La meilleure méthode pour parler avec un arbre est de se concentrer pour essayer d'entrer en contact avec lui. Il est important qu'une bonne relation mutuelle s'établisse entre vous et lui. Sans une bonne interaction, le contact n'est pas possible.
En outre, veillez à ne pas choisir un arbre seulement en fonction de votre caractère, mais prenez aussi en compte la situation du moment, votre situation du moment. Par exemple, si l'on est éperdument amoureux, il vaut mieux ne pas prendre conseil auprès du sérieux noyer, mais privilégier le joyeux sorbier ou le noisetier sensible. Bref, il est bon que votre caractère, votre état d'âme et vos émotions soient en accord avec l'arbre choisi. Il n'est pas forcément nécessaire de méditer pour entrer en contact. Si vous êtes de bonne humeur ou dans un état d'âme particulièrement «ouvert», la communication s'établit souvent d'ellemême. Si vous voulez donner davantage de force à votre méditation, vous pouvez tenir l'arbre, l'entourer de vos bras et chuchoter votre histoire à son «oreille». Vous pouvez aussi décider - mais ce n'est pas l'affaire de tout le monde, ni d'ailleurs non plus de tout arbre, de grimper dans sa couronne. Si vous choisissez de le faire, il est conseillé de ne pas monter jusqu'à la cime.
Restez assis sur la branche inférieure qui est aussi souvent la plus ancienne. C'est plus sûr pour vous et mieux pour l'arbre.Une autre méthode, très ancienne, mais qui fonctionne bien pour entrer en contact consiste à s'asseoir au pied de l'arbre en ramenant les jambes contre la poitrine et en tournant le visage vers l'arbre. Entourez vos jambes de vos bras (sinon vous ne tiendrez pas longtemps dans cette position) et posez votre menton sur les genoux. Regardez l'arbre et posez-lui des questions ou racontez-lui votre histoire. Même si cela paraît a priori un peu étrange, les arbres peuvent être d'un excellent secours pour apprendre à connaître un peu mieux votre futur compagnon ou future compagne de vie. Chaque arbre, comme chaque être humain, a ses caractéristiques très spécifiques. Par exemple, des arbres comme le frêne ne tolèrent que peu d'autres arbres ou plantes dans leur environnement.
On peut comparer ce phénomène aux signes du zodiaque : de même que la communication entre une personne de signe Capricorne et une autre de signe Scorpion est parfois ardue, de même, une personne de type sorbier aura du mal à établir une relation intense avec un arbre de type noyer. Par une belle journée printanière, vous vous promenez au mois de mai avec votre (futur) compagnon de vie, ou un ami, ou une bonne amie, dans une forêt ou un parc. Vous pensez bien vous connaître. Mais à certains moments, vous ne vous comprenez absolument plus et parfois il se produit curieusement des malentendus irréparables qui vous attristent. Soudain, dans votre promenade, votre partenaire s'écrie : «Quel peuplier impressionnant, il me touche profondément !» Pour vous, qui préférez les charmes et que les peupliers laissent indifférent, «une petite lumière s'allume» tout d'un coup. Vous avez compris ce qui se passe. En effet, vous êtes plutôt du genre énergique, vous aimez que vos affaires soient bien réglées et vous ne supportez pas du tout le caractère vague et rêveur de votre partenaire.
Il n'est pas étonnant, au fond, que l'arbre, un des cadeaux les plus utiles et les plus beaux de la nature, ait été un objet de respect, de vénération et d'adoration. Presque tous les arbres décrits dans cet ouvrage ont été nommément vénérés ou adorés d'une manière ou d'une autre en Europe nord-occidentale ou centrale. Nous avons déjà mentionné le frêne (Yggdrasil, l'arbre du monde, dont les branches touchaient le ciel). Mais on vénérait aussi le cèdre, dont le bois a servi notamment à la construction du temple de Jérusalem. Dans beaucoup d'endroits, le figuier était considéré comme l'arbre de l'illumination, car c'est sous cet arbre que Bouddha a compris la loi de la vie et de la mort dans le cadre de la doctrine de la réincarnation. Dans la mythologie germanique, une branche de gui tua Baldr, le dieu de la lumière, et dans la mythologie grecque, cette plante ouvrait les portes de l'enfer. Il n'existe en fait aucune croyance dans laquelle l'arbre ne joue pas un rôle important. Avec la propagation du christianisme, beaucoup de coutumes païennes ont été christianisées ou interdites.
Mais de nombreuses pratiques sont conservées. Par exemple, la danse autour de l'arbre de mai est très répandue. On connaît moins, toutefois, les récits où il est question de sorcellerie. Le légendaire balai de sorcière est évidemment en bois, et d'après les textes, de préférence en chêne. Les mauvais esprits aimaient habiter dans les arbres. L'écorce ou les feuilles de certains arbres fournissaient les ingrédients pour la préparation de boissons magiques Ou d'encens. Par exemple, l'écorce de platane servait à la fabrication du storax, un encens rituel que les sorcières brûlaient lors de leur sabbat. La multiplicité quasi infinie des significations et emplois magiques, occultes et païens des arbres ne facilite évidemment pas la détermination du caractère spécifique de chacun. Par exemple, il est extrêmement difficile de sympathiser avec le saule lorsqu'on a lu qu'il était l'arbre de la mort pour la déesse Proserpine ou que le saule pleureur était consacré à Junon. Mais d'un autre côté, des forces puissantes sont attribuées à cet arbre, notamment celle de stimuler la fertilité.
Décrire un arbre n'est pas aussi simple qu'on pourrait le croire. Bien sûr, il n'est pas très difficile d'écrire brièvement l'impression qu'il nous fait, son apparence extérieure. Et l'on trouve évidemment beaucoup d'anecdotes pour la plupart des arbres.
Mais la question est de faire ressortir ce qui est vraiment spécifique, caractéristique. La plus grande difficulté consiste à trouver le moyen de comprendre ce que fait un arbre et comment il «pense». Certains jours il pleut, le lendemain, c'est l'arbre qui ne «veut» pas collaborer ou l'on n'est soi-même pas assez ouvert pour un échangefluide. Comment l'arbre perçoit-il et quel arbre convient à qui, à un moment donné ? Autant de questions auxquelles il n'est pas si simple de répondre. Les méditations visant à entrer en contact avec un arbre se distinguent des techniques de méditation habituelles destinées à la concentration et à l'approfondissement d'une question, du fait qu'elles sont généralement pratiquées en plein air. On peut évidemment aussi utiliser ces «techniques standard» pour intensifier une visualisation, par exemple quand il fait mauvais temps, et que l'on décide d'établir «à distance», de chez soi, le contact avec un arbre. Les arbres sont extrêmement sensibles. C'est pourquoi vos méditationsdoivent surtout mettre l'accent sur l'atmosphère et les émotions. Il va de soi que l'environnement et l'humeur dans lesquels vous vous trouvez, jouent un rôle important. Il est très difficile de décrire avec précision ce qu'il faut faire et comment le faire pour ces méditations qui sont très personnelles.
C'est pourquoi les indications données ne doivent pas être prises à la lettre. Suivez tout simplement vos propres émotions. La règle d'or est la suivante : soyez ouvert, sincère et aussi décontracté que possible. Si par hasard vous ne parvenez pas à entrer en contact, choisissez un autre moment pour votre méditation, ou une autre méditation. Si vous n'y arrivez toujours pas, essayez d'imaginer vous-même votre méditation ou desimplement laisser libre cours à vos sentiments. Car il est tout à fait possible que l'arbre sente de lui-même vos émotions et prenne contact avec vous. Avant de commencer, il est important de bien se préparer à la méditation et de comprendre qu'elle comporte trois phases :
le début, le point culminant (moment de l' «être total» ou de il «expérience totale») et la phase finale. Si vous trouvez très difficile de méditer, vous pouvez vous y préparer à l'aide d'une méditation courante ou de simples exercices de concentration. De nombreux ouvrages vous renseigneront sur ce thème, et il existe toutes sortes de cours organisés à cet effet. Voici une méditation à faire en automne.
Le vent souffle, les feuilles tourbillonnent à travers les airs comme des «derviches» fous, des branches se cassent et tombent par terre. Il pleut à intervalles rapprochés et les gens vêtus d'imperméables ou munis de parapluies pressent le pas dans la ville pour arriver à temps à leurs rendez-vous. La plupart des oiseaux sont déjà en route vers des destinations plus chaudes. La seule chose qu'ils entendent ce sont les cris isolés d'une corneille. Il ne fait pas encore très froid, mais le soleil joue à cache-cache. Dans la rue, règne le désordre et dans la nature, La confusion. Le chaos est partout. Comme si chacun préparait fiévreusement la «finale». Vous vous tenez dans votre imperméable devant un grand arbre qui a déjà perdu la plupart de ses feuilles. Son tronc est mouillé, glissant et un peu vert. Une odeur de mousse, de champignons et de décomposition vous environne. A l'arrière-plan, vous entendez une cacophonie de branches qui bruissent ou se cassent, d'oiseaux battant des ailes, d'animaux invisibles en train de creuser la terre et le bruit de grosses gouttes d'eau qui tombent doucement sur le sol.
Devenir adulte. Tout faire soi-même, tout seul. Intuition, recueillement, émotions. L'automne est la saison où vous pouvez utiliser pleinement la force vitale que vous avez accumulée au printemps, puis qui a fleuri et mûri en été. Vous savez ce qui s'annonce : une période de froid et de réflexion. Vous devez vous y préparer. L'automne précède un moment d'accomplissement, une phase de la vie où l'on doit tout faire seul, sans l'aide des autres. L'élément Eau appartient à l'automne, comme le chakra sexuel. Utilisez la force infinie de l'Eau pour traverser cette période active et perturbante. Laissez circuler dans votre corps la force de l'eau, jusqu'à ce que vous sentiez que vous avez vraiment «refait le plein». Percevez comment ce «flux d'énergie» vous rend paresseux et circule constamment en vous, laissez-vous conduire par lui, revenez lentement à la réalité et sentez que vous êtes prêt à faire face à toute situation.

Les forces spirituelles des arbres de Petra Sonnenberg
aux Editions Véga
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